
Contexte
Un atelier à habiter
Un ancien atelier d'artiste en rez-de-chaussée surélevé, dans une cour intérieure du 6ᵉ arrondissement. Volume unique de 150 m² sous charpente apparente, verrière nord, murs en pierre de taille. Le lieu n'avait jamais été transformé en habitation — il conservait son caractère brut, son échelle et sa lumière d'atelier.
Le propriétaire — un collectionneur — souhaitait y vivre tout en conservant l'esprit du lieu : un espace ouvert, brut, capable d'accueillir des œuvres de grand format.
Intention architecturale
Habiter sans domestiquer
L'intention était de rendre le lieu habitable sans le domestiquer. Préserver le volume brut, la lumière zénithale, la matérialité des murs — et insérer les fonctions domestiques comme des objets posés dans l'espace, réversibles et autonomes.
L'intervention devait être lisible : on devait voir ce qui est d'origine et ce qui a été ajouté. L'acier, le béton ciré et le bois massif constituent le vocabulaire de l'insertion contemporaine.
Contraintes
Ce que le projet devait résoudre
Secteur ABF
L'atelier se situe dans le périmètre de protection d'un monument historique. Toute modification visible depuis l'espace public — y compris la verrière — est soumise à l'avis de l'ABF. La verrière a été restaurée à l'identique, avec remplacement des vitrages par du double vitrage dans les profils d'origine.
Changement de destination
La transformation d'un local d'activité en habitation constitue un changement de destination soumis à permis de construire. Constitution du dossier PC avec notice architecturale détaillant le projet de transformation et la préservation du caractère patrimonial du lieu.
Acoustique
Le rez-de-chaussée sur cour présentait des problèmes d'acoustique — réverbération dans le grand volume, transmission des bruits d'impact. Traitement acoustique intégré dans la mezzanine (plancher flottant) et panneaux absorbants discrets en sous-face de charpente.
Solutions
Trois décisions architecturales
Conservation du volume brut
Le principal atout du lieu — un volume unique de 4,50 m de hauteur sous charpente — a été intégralement préservé. Aucun faux-plafond, aucune subdivision verticale. Les réseaux techniques courent en apparent le long des murs en pierre, assumés comme éléments de composition.
Mezzanine structurelle en acier
Une mezzanine en acier brut et plancher bois accueille la suite parentale. Sa structure autoportante ne touche pas les murs existants — elle est posée, réversible. L'escalier à limon central en acier soudé fonctionne comme une sculpture dans le volume.
Partition souple par le mobilier
Les espaces de jour ne sont pas séparés par des cloisons mais par des éléments de mobilier sur mesure : une bibliothèque traverse de 6 m sépare le séjour de l'atelier. Un îlot de cuisine en béton ciré marque la transition vers l'espace repas. Les circulations sont fluides, les vues traversantes.
Résultat
L'atelier est devenu un lieu de vie sans cesser d'être un atelier. La verrière éclaire un espace où l'on dort, où l'on cuisine, où l'on accroche des toiles de trois mètres. La mezzanine flotte dans le volume comme un objet trouvé.
Le projet a été livré après dix mois — quatre mois d'études et de procédures (permis de construire, ABF), six mois de chantier. L'ABF a salué la qualité de la restauration de la verrière et l'intelligence de l'insertion contemporaine.
Expertises associées
Ce projet s'inscrit dans notre expertise en rénovation d'appartement à Paris. Faire appel à un architecte à Paris.